Dounia, le grand pays blanc
Canada, Québec · 2025
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Découvrir le cinéma québécois suscite d’emblée la curiosité du critique comme du cinéphile. Il s’agit d’un cinéma à la fois ancien et moderne, né au sein d’un environnement culturel marqué par la diversité, l’immigration, la coexistence et le métissage des cultures. Le Canada, son pays d’origine, s’est en effet construit comme une terre ouverte aux cultures autochtones autant qu’aux apports venus d’ailleurs.
Le cinématographe fit son apparition au Québec quelques mois seulement après les premières projections publiques des frères Lumière. Les débuts ne furent cependant pas aisés : l’Église catholique voyait d’un mauvais œil les salles de cinéma, qu’elle considérait comme contraires à l’esprit religieux. La situation évolua progressivement grâce à une génération de pionniers, parmi lesquels Léo-Ernest Ouimet, le prêtre-cinéaste Maurice Proulx et Claude Jutra, réalisateur de « Mon oncle Antoine » (1971), considéré comme l’un des films majeurs de l’histoire du cinéma québécois. Ces premières initiatives contribuèrent à faire du cinéma une valeur culturelle, intellectuelle et sociale majeure au sein de la société québécoise.
Il serait impossible, dans le cadre de cette présentation, même succinctement, de retracer toute l’histoire riche et foisonnante du cinéma québécois. Ce qui retient particulièrement notre attention est la place remarquable qu’y occupent les femmes, tant comme sujets que comme actrices de la création. Cette réalité est notamment liée aux transformations culturelles qui ont façonné ce cinéma. C’est dans ce contexte qu’est née l’organisation « Réalisatrices Équitables », qui œuvre pour l’équité des femmes dans le domaine de la réalisation et pour un accès équitable aux ressources de financement destinées au cinéma, à la télévision et aux nouveaux médias.
Le Québec a vu émerger de nombreuses réalisatrices, parmi lesquelles Monia Chokri, Chloé Robichaud, Sophie Dupuis, Louise Archambault, Anaïs Barbeau-Lavalette et Charlotte Le Bon, entre autres. Il convient également de souligner que le Canada en général, et le Québec en particulier, accueillent plusieurs cinéastes marocaines, parmi lesquelles Halima Ouardiri, Yousra Benziane, Lamia Chraïbi et Sanaa Akroud, dont les expériences et les ambitions artistiques transcendent les frontières géographiques et culturelles. Ce cinéma entre ainsi en résonance avec notre propre réalité et compte dans son paysage des créatrices proches de notre culture.
Le cinéma des réalisatrices québécoises aborde des enjeux sociaux et politiques forts, tout en étant traversé par une sensibilité intimiste et profondément humaine. Il interroge les modèles patriarcaux dominants et questionne les représentations traditionnelles des femmes. Depuis les pionnières des années 1970 jusqu’à la nouvelle génération de cinéastes, les œuvres ont cherché à redéfinir la place des femmes, à s’éloigner des stéréotypes et à déconstruire les rapports complexes entre identité, corps et liberté.
C’est précisément à cette richesse créative et à cette diversité de regards que le festival a souhaité s’ouvrir dans cette édition, à travers les expériences cinématographiques qu’il a choisi d’accueillir.
Quatre œuvres pour découvrir la richesse et la diversité du cinéma québécois.